Évasion fiscale

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2021

Sommaire

Qu'il s'agisse de particuliers ou d'entreprises, l'évasion fiscale concerne toutes les catégories d'assujettis. C'est une notion à la délimitation incertaine, souvent confondue avec la fraude et l'optimisation fiscale. Elle est générée moyennant le recours à de nombreuses techniques et se révèle très coûteuse pour l’État. Éclaircissements dans ce zoom.

Évasion fiscale : définition et délimitation

L'évasion fiscale désigne la mise en œuvre de moyens par des assujettis tendant à diminuer ou supprimer l'imposition de leur patrimoine ou de leur bénéfice à un ensemble de taxes, impôts, et autres accises. Plus généralement, c'est le fait de se soustraire à une charge fiscale.

L'évasion fiscale se distingue de la fraude fiscale. En effet, l'évasion fiscale utilise des moyens légaux pour réduire une imposition. Au contraire, la fraude fiscale concerne l'utilisation illégale d'un système fiscal. C'est une infraction à la loi, passible de sanctions pénales, et notamment de peines d'emprisonnement.

L'évasion fiscale peut cependant être comparée à l'optimisation fiscale. Celle-ci a aussi un but de réduction de la charge fiscale, par un emploi pertinent des règles fiscales. L'optimisation n'entraîne pas d'infraction à la loi.

Moyens d'évasion fiscale

Les contribuables rivalisent d'ingéniosité pour échapper à la charge fiscale. La conservation des liquidités en dehors du circuit bancaire, en espèces, est par exemple beaucoup plus difficile à déceler pour les États.

Certains particuliers choisissent aussi de changer de nationalité pour s'assujettir à l'imposition d'un pays fiscalement plus attrayant. De même, la fiducie permet de réduire sa charge d'imposition, via le mécanisme du don et des montages fiscaux complexes.

L'évasion fiscale se fait souvent à destination des paradis fiscaux, des États dans lesquels la réglementation fiscale est plus favorable qu'ailleurs, afin d'attirer les capitaux étrangers. Les paradis fiscaux mettent en œuvre des taux d'imposition bas, sont opaques sur leur législation fiscale, et ne communiquent pas les informations bancaires de leurs contribuables aux autorités fiscales des États tiers.

Conséquences de l'évasion fiscale et lutte contre cette pratique

L'évasion fiscale a un impact négatif sur les finances des États.

Quelques chiffres :

  • 1 000 milliards d'euros par an : c'est le manque à gagner pour l'ensemble des États de l'Union européenne qu'engendre l'évasion fiscale ;
  • 3 % du PIB : c'est ce que coûte l'évasion fiscale à la France chaque année ;
  • 15 % : c'est le taux moyen d'imposition effectif d'une société du CAC 40, soit environ 20 points de moins que le taux d'imposition légal en France.

Face à ces pertes budgétaires, les États mettent en place des moyens de lutte contre l'évasion fiscale.

L'article R. 10-0 AC-1 du Livre des procédures fiscales (issu du décret n° 2021-61 du 25 janvier 2021) autorise l’administration fiscale à indemniser les personnes qui lui communiquent des informations conduisant à la découverte d'un manquement à certaines règles et obligations déclaratives fiscales, conformément à l'article L. 10-0 AC du Livre des procédures fiscales.

Pour une meilleure efficacité, les États tentent de coordonner leurs politiques, aux niveaux européen et international.

Ainsi en octobre 2014, a été pris à Berlin un engagement sur l'échange automatique d'informations sur les comptes bancaires. Plus de 90 pays ont pris cet engagement. Depuis le 30 septembre 2017, date d'entrée en vigueur de cet engagement, l'administration fiscale française peut obtenir des informations sur les comptes des contribuables à l'étranger de façon automatique, et non plus sur demande comme c'était le cas auparavant.

Pour en savoir plus :

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